Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
2 Décembre 2025
Le Lacrimosa de Mozart naît dans l’inachevé : les cordes gémissantes, l’élan chromatique vers la douleur et l’espérance, puis le silence. Mozart n’a laissé que quelques mesures bouleversantes – assez pour que ses contemporains s’empressent de combler le vide. Joseph Eybler tente d’en poursuivre l’écriture avant d’abandonner mystérieusement, tandis que Süssmayer, élève du maître, parvient à achever la version « officielle », aujourd’hui la plus jouée.
Mais l’histoire du Lacrimosa ne s’arrête pas aux versions classiques : le motif s’est métamorphosé dans une foule de réinterprétations. L’œuvre voyage. Jacky Terrasson, avec son jeu syncopé, éclaire autrement les dissonances de Mozart, quand le Cubain Pity Cabrera en fait une version lumineuse et dansante.
Et puis il y a la réécriture la plus inattendue : en 1994, sur Fogaraté!, le Dominicain Juan Luis Guerra transforme le Lacrimosa en une prière amoureuse, une supplique tendre où il demande à Mozart de l’aider à retrouver l’être aimée. Preuve que, trois siècles plus tard, les larmes de Mozart continuent d’inspirer des vies et des voix venues d’ailleurs.
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