Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
14 Mai 2026
Graffiti en l'honneur de Victor Jara, lors du Congrès andin de psychologie du 6 au 8 octobre 2010 en Arica (Chili), organisé par les écoles de psychologie du Consortium des universités d'état du Chili. La citation est extraite d'une de ses plus célèbres chansons "Plegaria a un labrador" (« Prière à un laboureur ») : « Danos tu fuerza y tu valor al combatir » (« Donne-nous ta force et ton courage au combat »
Figure emblématique de la Nueva Canción Chilena, Víctor Jara incarne le pouvoir de la musique comme arme de justice et de mémoire. Arrêté, torturé et assassiné par la dictature de Pinochet en septembre 1973, il laisse une œuvre où l’engagement social et l’amour du peuple se mêlent à une profonde humanité. Dans No puedes volver atrás (1964), chanson aux accents de cheminement intime et collectif, Jara affirme avec une simplicité poignante l’impossibilité de reculer face à l’adversité. Ce texte résonne comme une promesse de résistance, bien avant que le chanteur n’en devienne lui-même le martyr.
No puedes volver atrás
Víctor Jara (1964)
No puedes volver atrás,
no tienes más que seguir,
que no te aturda el engaño,
sigue, sigue hasta el final.
La herida que va contigo,
¿quién la puede mejorar?
Es la sórdida pobreza,
que se pretende ignorar,
es un mar amargo y negro
que se tiene que aclarar.
¿Cuánto tienes que vivir
para ver la libertad?
La montaña cruza el viento
¿de dónde hacia dónde va?
¿Cuántos tienen que morir
para ver la libertad?
El fuego que abre tus ojos
¿de dónde hacia dónde va?
Total en la lucha pierdes
si luchas para matar.
El amor y la agonía,
envueltos en soledad,
de tantas piezas oscuras,
que tuviste que alumbrar.
Correr hacia la ternura,
pedir un poco de pan.
Es un mar amargo y negro
que se tiene que aclarar,
no tienes más que seguir,
no puedes volver atrás.
Cette chanson a été publiée en 1967 sur le premier album de Víctor Jara. Selon sa veuve Joan Jara, Víctor l'a écrite en s'adressant à sa sœur María, évoquant la sortie de la pauvreté décrite comme "un mar amargo y negro / que se tiene que aclarar" .
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane