Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
4 Juillet 2026
Ce titre est extrait d’un nouveau spectacle en duo dans lequel Leïla Huissoud revisite des classiques de la chanson française avant d’y répondre par ses propres compositions, créant ainsi un pont entre les époques et les thématiques. Pourtant, Je suis venue te dire que je m’en fous ne sera pas accompagné de la reprise de Je suis venue te dire que je m’en vais de Gainsbourg — où ce dernier cite Verlaine. Car si Leïla reconnaît la qualité de l’artiste, elle ne cautionne pas l’attitude de l’homme : ses excès, ses dogmes (« la chanson est un art mineur », rappelons-le), ses postures, et sa manière de rabaisser (c’est un euphémisme) les femmes en public. Elle cite ici Verlaine et Rimbaud (plutôt que Rousseau), à la façon de Victor Hugo dans Les Misérables — pour mieux répondre, à sa manière, à ce qu’elle ne peut encaisser.
Je suis venue te dire que je m’en fous
Je suis venue te dire que je m’en fous,
d’la chanson de Gainsbourg,
des étoiles dans les cieux
quand j’ai fermé les yeux
y’en avait plus du tout
on a perdu au jeu
de l’amour fou
contraire aux destinées
la vie est un hasard
et ça c’est pour Gainsbarre
Je suis venue te dire que je m’en fous,
d’être une jolie personne
que c’est toi qui déconne
demande à ta daronne
comment passer l’automne
le vent n’est pas mauvais
mais qu’en font les hommes
de peur de tomber
c’est tout seul qu’ils s’assomment
Je suis venue te dire que je m’en fous,
sans amour et sans haine
c’est la faute à Verlaine
le coup de feu de trop
c’est la faute à Rimbaud
j’veux shooter la statue
mais chérir le talent
l’artiste ou le tordu
c’que j’en garde, c’que j’te rends
Je suis venue te dire que je me bats
j’veux avoir de l’estime
pour moi, tu vois
pas être de la team
qui baisse les bras
le modèle des maudits
emmène-le avec toi
arrache le génie
à ses crises de foi
je suis venue te dire que je m’en fous
tes manières de dandy
n’y changeront rien du tout
le cœur qui t’assassine
n’est qu’à toi mon chou
on prendra soin de tes rimes
sans qu’elles n'effacent tout
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane