Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
27 Mai 2026
Dans le clair-obscur feutré de la bossa-nova, Tom Jobim et Vinicius de Moraes composent avec Água de beber une confidence qui glisse comme une eau vive entre les doigts du cœur. Derrière la douceur apparente de la mélodie, c’est toute l’ambivalence du sentiment amoureux qui affleure, cette peur d’aimer qui tremble autant qu’elle attire, lovée dans la saudade brésilienne.
Eu quis amar, mas tive medo
E quis salvar meu coração
Mas o amor sabe um segredo
O medo pode matar o seu coração
Água de beber
Água de beber, camará
Água de beber
Água de beber, camará
Eu nunca fiz coisa tão certa
Entrei pra escola do perdão
A minha casa vive aberta
Abri todas as portas do coração
Água de beber
Água de beber, camará
Água de beber
Água de beber, camará
Eu sempre tive uma certeza
Que só me deu desilusão
É que o amor é uma tristeza
Muita mágoa, demais para um coração
Água de beber
Água de beber, camará
Água de beber
Água de beber, camará
Lyrics : Vinícius de Moraes, Tom Jobim
En Amérique du Nord, dès 1966, Sergio Mendes, dans son album Herb Alpert Presents, jazzifie quelque peu la mélodie, sur des paroles de Norman Gimbel. Les Américains en raffolent. La locomotive est lancée. L’année suivante, Frank Sinatra remet le couvert puis Ella Fitzgerald et Charlie Byrd, respectivement en 1971 et en 1999, mettront eux aussi tout leur talent au service de Água de beber. Water to Drink devient alors un classique du jazz et non plus de la musique brésilienne
Un an avant de vivre sa fabuleuse histoire avec le film de Claude Lelouch, Un homme et une femme, Pierre Barouh découvre Água de beber, dans la version originale de Tom Jobim. Sans hésiter, il la fait sienne, chantourne ses vers avec sa passion habituelle et réussit une adaptation qui n’enlève rien à la tendresse du texte brésilien. Água de beber devient Ce n’est que de l’eau.
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