Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
15 Janvier 2026
Planche en couleurs représentant divers oiseaux de paradis et oiseaux-mouches ; dessin d'Adolphe Millot, réalisé pour le Larousse du XXe siècle (1928-1933).
Trois beaux oiseaux du Paradis est le deuxième mouvement du cycle Trois chansons, une œuvre a cappella composée par Maurice Ravel en 1915 pour un chœur mixte ; Ravel y signe lui-même les textes dans l’esprit de chansons populaires tout en évoquant avec finesse l’atmosphère de la Première Guerre mondiale. C’est grâce à ma chère amie Véronique que j’ai découvert cette pièce bouleversante, où trois oiseaux aux couleurs du drapeau semblent annoncer tour à tour une lueur d’espoir puis la cruelle réalité de la perte. Ravel y mêle tendresse et émotion avec une écriture vocale raffinée, faisant de cette ballade chorale une des perles discrètes de son répertoire, empreinte d’une poésie simple et poignante.
Trois beaux oiseaux du Paradis
(Mon ami z-il est à la guerre)
Trois beaux oiseaux du Paradis
Ont passé par ici.
Le premier était plus bleu que le ciel,
(Mon ami z-il est à la guerre)
Le second était couleur de neige,
Le troisième rouge vermeil.
« Beaux oiselets du Paradis,
(Mon ami z-il est à la guerre)
Beaux oiselets du Paradis,
Qu'apportez par ici ? »
« J'apporte un regard couleur d'azur
(Ton ami z-il est à la guerre) »
« Et moi, sur beau front couleur de neige,
Un baiser dois mettre, encor plus pur. »
Oiseau vermeil du Paradis,
(Mon ami z-il est à la guerre)
Oiseau vermeil du Paradis,
Que portez vous ainsi ?
« Un joli coeur tout cramoisi »
(Ton ami z-il est à la guerre)
« Ha ! je sens mon coeur qui froidit…
Emportez le aussi. »
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane