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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Parler au ciel depuis Exarchia

“Hope Dies Last”, Graffiti de WD, Athènes, Psiri, 2015.

“Hope Dies Last”, Graffiti de WD, Athènes, Psiri, 2015.

Chez Nicolas Asimos, la chanson n’est jamais un refuge : c’est un poste d’observation, parfois une supplique, souvent un bras d’honneur levé vers le ciel. Figure indocile de la contre-culture grecque, il traverse les années de la junte militaire (1967-1974) en poète satirique et en marginal assumé, arpentant Exarchia aux côtés des résistants, en conflit permanent avec l’ordre établi. Né à Thessalonique en 1949, formé à la philosophie avant de gagner Athènes, Asimos chante d’abord dans les boîtes de la Plaka, enregistre ses premiers titres au sortir de la dictature, publie ses textes en samizdat artisanal, photocopié de ses propres mains.  Une voix libre, fragile et insolente, dont la fin tragique, en 1988, n’efface ni la portée politique ni la brûlante humanité.

Βαρέθηκα

Βαρέθηκα τη μίζερή μου φύση
Κανένας πια δε λέει να ξεκουνήσει
Κανένας πια δε λέει να ξεκουνήσει αναμφιβόλως
Δε με χωράει ο τόπος ρε παιδιά

Βαρέθηκα τα ίδια και τα ίδια
Τα δάκρυα να κάνω μπιχλιμπίδια
Τα λόγια, μοναχά, μας απομείναν κι οι θεωρίες
Στην πράξη μας χαλάνε οι θεσμοί

Βαρέθηκα να λέω πως θα αλλάξει
Το σύστημα μας έχει επιτάξει
Απόκληρα απομείναμε πουλάκια κυνηγημένα
Με ξεπουπουλιασμένα τα φτερά
Απόκληρα απομείναμε πουλάκια
Με ξεπουπουλιασμένα τα φτερά

Βαρέθηκα κι αυτό το μονοπάτι
Ακόμα και σαν βρω κάνα κομμάτι
Πώς είναι δυνατό να μαστουριάζεις, εξήγησέ μου
Άμα σου περιφράξαν την καρδιά
Για πες μου, πώς μπορείς και μαστουριάζεις
Άμα σου περιφράξαν την καρδιά

Συνέχεια μου έρχεσαι από πίσω
Δεν έχω πια το σάλιο να σε φτύσω
Πώς γίνεται στον ένα παλαβιάρη, εξήγησέ μου
Κουτόχορτο χιλιάδες να βοσκάν
Πώς γίνεται στον κάθε παλαβιάρη
Κουτόχορτο χιλιάδες να βοσκάνε

J’en ai assez

J’en ai assez de ma nature misérable
Plus personne ne dit qu’il faut bouger
Plus personne ne dit qu’il faut bouger, assurément
Ce pays ne me contient plus, les amis

J’en ai assez, toujours la même rengaine
Faire de mes larmes des colifichets
Il ne nous reste que des mots, et des théories
Dans la pratique, ce sont les institutions qui nous sabotent

J’en ai assez de dire que ça va changer
Le système nous a déjà assignés
Nous sommes restés des parias, de petits oiseaux traqués
Les ailes plumées jusqu’à l’os
Des parias, de petits oiseaux
Aux ailes plumées jusqu’à l’os

J’en ai assez de ce sentier aussi
Même quand je trouve un bout de chemin
Comment peux-tu encore planer, dis-moi donc
Quand on t’a mis une clôture autour du cœur ?
Dis-moi, comment peux-tu planer
Quand on t’a mis une clôture autour du cœur ?

Tu me colles sans cesse dans le dos
Je n’ai même plus de salive pour te cracher dessus
Comment se fait-il qu’à chaque fou furieux, dis-moi
Des milliers broutent de l’herbe à cons ?
Comment se fait-il qu’à chaque fou furieux
Des milliers broutent de l’herbe à cons ?

(essai de traduction, soyez indulgents...)

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une-vie-de-setter

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Y
Merci
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