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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Athivolí, ou l’art de se dire

Avec « Αθιβολή », Δημήτρης Μητσοτάκης signe un nouveau single d’une délicate intensité, qu’il interprète en duo avec la lumineuse Βιολέτα Ίκαρη. Première rencontre artistique entre les deux voix, la chanson puise son titre dans un mot médiéval désormais conservé en Crète, où « αθιβολή » ne signifie plus le doute, mais la pensée partagée, la conversation intime. Sous des sonorités qui évoquent les horizons de la tradition musicale — entre l’âme urbaine de la Crète occidentale et les résonances d’Asie Mineure — se déploie un dialogue existentiel entre un fils et sa mère, fragile et universel à la fois.

Athivolí, ou l’art de se dire

ΑΘΙΒΟΛΗ
(Στίχοι-μουσική: Δημήτρης Μητσοτάκης)


-Τι γυρεύεις εδώ, αχ, μικρέ μου;
-Δεν θυμάμαι τίποτα πια.
-Γύρνα πίσω στο φως, ακριβέ μου.
-Είν' η πόρτα κλεισμένη γερά.
-Γύρνα πίσω στο φως, ακριβέ μου.
-Μάνα, η στράτα μου κόπηκε πια.

-Δεν ταιριάζεις εδώ, ουρανέ μου.
-Ποιος ταιριάζει σε τόση σιωπή;
-Όσοι ζήσαν πολύ, ακριβέ μου.
-Διψασμένο η μοίρα σκυλί. 
-Δεν ταιριάζεις εδώ, ακριβέ μου.
-Η ζωή μας μια(ν) αθιβολή.

-Φύγε πριν να χαθείς, αϊτέ μου.
-Αφού ξέρεις πως πια δεν μπορώ.
-Πες μου τότε αν πεινάς, ακριβέ μου.
-Στρώσε κάπου για να κοιμηθώ.
-Φύγε πριν να χαθείς, ακριβέ μου.
-Μάνα, στρώσε μου να κοιμηθώ.

 

Pressentiment

(Paroles – musique : Dimitris Mitsotakis)

— Que cherches-tu ici, ah, mon petit ?
— Je ne me souviens plus de rien.
— Retourne vers la lumière, mon précieux.
— La porte est solidement fermée.
— Retourne vers la lumière, mon précieux.
— Maman, ma route est désormais coupée.

— Tu n’as pas ta place ici, mon ciel.
— Qui a sa place dans un tel silence ?
— Ceux qui ont beaucoup vécu, mon précieux.
— Le destin est un chien assoiffé.
— Tu n’as pas ta place ici, mon précieux.
— Notre vie n’est qu’un pressentiment.

— Pars avant de te perdre, mon aigle.
— Puisque tu sais que je ne peux plus.
— Dis-moi alors si tu as faim, mon précieux.
— Prépare-moi un endroit pour dormir.
— Pars avant de te perdre, mon précieux.
— Maman, fais-moi un lit pour dormir.

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