Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
26 Février 2026
Avec Παράπονο – Η ξενιτιά, la chanson se fait plainte et talisman. Les mots, de Lina Nikolakopoulou lourds comme des bracelets de peine, disent l’exil non comme un simple éloignement, mais comme un amour impossible : brûlant, fidèle, incurable. Entre la mère invoquée, les paysages mythiques — montagnes, fleuves, grottes, étoiles — et la langue qui oscille entre douceur et blessure, le texte déploie une poésie charnelle où le désir de retour lutte contre l’oubli. C’est un chant de manque et de feu, où la ξενιτιά devient à la fois condamnation et promesse, et où le cœur, s’il se brise, emporte avec lui toute la terre
Παράπονο - Η ξενιτιά
Βαριά βραχιόλια οι λύπες
πως μ’ αγαπάς δεν είπες
το `χω παράπονο μάνα μου, στόμα μου
κι ας πέθαινε το σώμα μου.
Δε θέλω, φως μου, κόσμο
στα χείλη μου έχω δυόσμο
το `χω παράπονο πάρε μου, ζήτα μου
της λησμονιάς σαΐτα μου.
Σου στέλνω μ’ ένα γράμμα
του φεγγαριού τη λάμα
πάρ’ τη και χτύπα με μάνα μου, τρέλα μου
κι αν κλαίει η ψυχή σου, γέλα μου.
Ψηλά βουνά κι εσείς των άστρων θωριές.
Ποτάμια αχνά, ελάτια, δάφνες, μυρτιές.
Την καρδιά μου, ωχ φωτιά μου, όποιος δει
να του πει να `ρθει κοντά μου, μην αργεί.
Ξενιτιά μου, έρωτά μου, φως κι αυγή
πριν ραγίσει
απ’ το σεβντά μου όλη η γη.
Φαράγγια υγρά κι εσείς των δράκων σπηλιές
αετών φτερά κι ανέμων μαύρες φωλιές.
Την καρδιά μου, ωχ φωτιά μου, όποιος δει
να του πει να `ρθει κοντά μου, μην αργεί.
Ξενιτιά μου, έρωτά μου, φως κι αυγή
πριν ραγίσει
απ’ το σεβντά μου όλη η γη.
Αηδόνι εσύ, πλανεύτρα στάχτη που καις
με ποιο κρασί μεθάει τα μάτια του, πες.
Λίνα Νικολακοπούλου
la plainte
Les chagrins ressemblent à de lourds bracelets
tu ne m'as pas dit que tu m'aimais
c'est ma plainte mon amour, mes lèvres aimantes
et je laisserais mon corps mourir pour cela.
Je ne veux plus personne autour de moi, ma lumière
sur mes lèvres j'ai de la menthe verte
c'est ma plainte, prends-moi, réclame-moi
ma flèche d'oubli.
Je t'envoie avec une lettre
la lame de la lune
prends-la et retourne-la contre moi mon amour, ma folie
même si ton âme pleure, souris-moi.
Les montagnes sont hautes et tu vois les étoiles.
Les rivières brumeuses, les sapins, les lauriers, les myrtes.
Ô mon feu, qui sera témoin de mon amour
dis-lui de venir à moi sans tarder.
Ô mon exil, mon amour, lumière et aube
avant que le monde entier ne se brise sous le soupir de mon cœur.
Canyons aquatiques, et toi, grottes de dragons
Ailes d'aigle et nids noirs des vents.
Ô mon feu, celui qui sera témoin de mon amour
dis-lui de venir à moi sans tarder.
Ô mon exil, mon amour, ma lumière et mon aube,
avant que le monde entier ne se brise sous le soupir de mon cœur.
Ô cher rossignol, cendre séduisante qui brûle encore,
dis-moi quel vin enivre ses yeux.
(essai de traduction - soyez indulgents)
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane