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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Andreas Calvos : mieux vaut la ruine que l’obéissance

Chez Andreas Calvos, la poésie ne se contente pas de dire : elle montre. Fidèle à l’antique intuition de Simonide de Céos — « la poésie est une peinture parlante » — chaque ode compose une scène, une vision presque tangible du combat grec pour l’indépendance. Mais à cette virtuosité picturale s’ajoute une exigence morale sans compromis. Dans l’Ode VI, Calvos préfère la mer qui engloutit, le feu qui ravage et l’exil humiliant à une liberté placée sous tutelle. Rien n’est plus haï que la protection intéressée, rien plus méprisable que l’éclat des sceptres. La catastrophe devient alors un choix éthique, et la poésie, un acte de souveraineté.

 

(Un oubli inexcusable signalé par un lecteur attentif ; la mention de l'auteur de l'article m'ayant aidée à rédiger cette introduction au poème d'A. Calvos : DUFOUR, R. (2019). Andreas Calvos : virtuosité picturale poétique et sentiment national. Travaux Et Jours, (95), 161-172. Consulté à l’adresse https://journals.usj.edu.lb/travauxetjours/article/view/82

Andreas Calvos : mieux vaut la ruine que l’obéissance

  ᾨδὴ Ἕκτη. Αἱ Εὐχαί

 

Τῆς θαλάσσης καλήτερα
φουσκωμένα τὰ κύματα
῾νὰ πνίξουν τὴν πατρίδα μου
ὡσὰν ἀπελπισμένην,
ἔρημον βάρκαν.

῾Στὴν στεριάν, ῾ς τὰ νησία
καλήτερα μίαν φλόγα
῾νὰ ἰδῶ παντοῦ χυμένην,
τρώγουσαν πόλεις, δάση,
λαοὺς καὶ ἐλπίδας.

Καλήτερα, καλήτερα
διασκορπισμένοι οἱ Ἕλληνες
῾νὰ τρέχωσι τὸν κόσμον,
μὲ ἐξαπλωμένην χεῖρα
ψωμοζητοῦντες

Παρὰ προστάτας ῾νἄχωμεν.
Μὲ ποτὲ δὲν ἐθάμβωσαν
πλούτη ἢ μεγάλα ὀνόματα,
μὲ ποτὲ δὲν ἐθάμβωσαν
σκήπτρων ἀκτῖνες.
           
                                        
Ανδρέας Κάλβος, ᾨδὴ Έκτη.
Αἱ Εὐχαί (Λύρικα, 1826)

Ode VI

Mieux vaut que de la mer
les vagues s'enflent, qu'elles noient
sous nos yeux ma patrie
comme, désespérée,
une barque déserte,

Et dans les terres, et dans les îles,
qu'une flamme surgisse,
se répande, dévore
les villes et les bois,
les peuples, les espoirs,

Et mieux vaut que les Grecs
se séparent – qu'ils aillent
tendre la main, ah, mendier
sur les routes du monde
ce qu'il leur faut de pain,

Que d'obéir à des protecteurs.
Jamais pour moi n'étincelèrent
les grands noms, les richesses.
Jamais ne m'auront ébloui
les rayons d'aucun sceptre.

 

Traduction de Dominique Grandmont in
37 poètes grecs de l'Indépendance
à nos jours, P.J. Oswald, 1972.

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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane

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D
Je vous remercie. Cordialement
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D
Vous commencez votre article en vous inspirant manifestement d'un article sur Calvos que j'ai rédigé et qui est paru en 2019 dans la revue "Travaux et Jours" de l'Université St Joseph de Beyrouth. Je commence en parlant de Simonide de Céos et cite cette phrase sur la peinture et la poésie. Merci si vous avez lu mon texte en entier. En tout cas vous vous êtes inspiré(e) de son début. Vous auriez néanmoins pu me citer, cela aurait été bien aimable ! Votre texte me semble intéressant. Je m'empresse de le lire !
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U
Bonjour, je vous remercie de m'avoir signalé cet oubli tout à fait inexcusable. J'ai corrigé mon article en ajoutant la mention demandée. Cordialement