Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
2 Septembre 2025
Aujourd'hui je vous propose une balade musicale autour de la Méditerranée...
Mis en musique au cours de la seconde moitié du XVIIIème par Antoine Albanèse (1729-1800) "Les Tendres Souhaits" est un chant pastoral composé d'après le poème de Charles Henri Ribouté (1708-1740).
À la Cour de France, l'on aime écouter des romances, des mélodies simples et légères comme on en écouterait dans un champ ou en pleine forêt. Les vers de ce poème mêlent à la fois le caractère mélancolique d'une époque mais aussi sa légèreté et sa douceur. L'amant désireux d'être tout ce que touche ou regarde la femme aimée, il est nature, miroir puis pensée ! La vie champêtre inspire les poètes et les peintres mais aussi la reine Marie-Antoinette. Dans son hameau idyllique, elle admire le paysage au soleil couchant, joue au colin-maillard avec ses enfants, se déguise en bergère. En ces temps de lumière et d'obscurité, elle désire se rapprocher de la nature, du peuple français, renouer avec les petites choses en oubliant ne serait-ce qu'un peu l'austérité du château où elle est retenue prisonnière. Elle est la première reine à avoir revêtu la robe de la paysanne, elle est la première reine à avoir la tête coupée pour être née archiduchesse d'Autriche et pour avoir suivi un destin qu'elle même n'a pas choisi
L'air qui lui est associé a connu depuis la fin du XVIIIe siècle un très grand succès dans de nombreuses langues : en arabe : Wa Habibi, en grec : Mana mou Mana, en occitan : Adieu paure carnavas, en catalan : la dama de Mallorca
Que ne suis-je la fougère,
Où, sur la fin d'un beau jour,
Se repose ma bergère,
Sous la garde de l'amour ?
Que ne suis-je le zéphyre
Qui rafraîchit ses appas,
L'air que sa bouche respire,
La fleur qui naît sous ses pas ?
Que ne suis-je l'onde pure
Qui la reçoit en son sein ?
Que ne suis-je la parure
Qui la couvre après le bain ?
Que ne suis-je cette glace,
Où son minois répété,
Offre à nos yeux une grâce
Qui sourit à la beauté ?
Que ne puis-je par un songe,
Tenir son cœur enchanté ?
Que ne puis-je du mensonge
Passer à la vérité ?
Les dieux qui m'ont donné l'être,
M'ont fait trop ambitieux.
Car enfin je voudrais être,
Tout ce qui plaît à ses yeux !
La version arabo-maronite : Wa Habibi
وا حبيبي وا حبيبي أي حال أنت فيه
من رآك فشجاك أنت أنت المفتدي
يا حبيبي أي ذنب حمل العدل بنيه
فأزادوك جراحاً ليس فيها من شفاء
حين في البستان ليلاً سجد الفادي الإلة
كانت الدنيا تصلي للذي أغنى الصلاة
شجر الزيتون يبكي و تناديه الشفاء
يا حبيبي كيف تمضي أترى ضاع الوف
en translitération :
Wa Habibi
u habibi u habiby 'ay hal 'ant fih
min rak fashajak 'ant 'ant almuftadi
ya habibi 'ay dhanb hammal aleadl banih
fa'azaduk jrahaan lays fiha min shifa'
hin fi albistan lylaan sajjid alfady al'iil
kanat alddunya
La version grecque : Μάνα μου μάνα
Μάνα μου μάνα
στο δρόμο μου σπείρανε
πέτρα κι αψιθιά
Μάνα μου μάνα
τα νιάτα μου γείρανε
κάτω απ τα σπαθιά
Ουρανέ μου
στείλε μου νερό
να ποτίσω την έρημο
να φυτρώσει
λουλούδι δροσερό
στο κορμί μου τ αέρινο
μάνα μου μάνα
την άνοιξη φέρε μου
πάνω στο σταυρό
Μάνα μου μάνα
ηλιόλουστη μέρα μου
πότε θα σε βρω
Ουρανέ μου
διώχ τη συννεφιά
να περάσω τα σύνορα
κι ένα βράδυ
πάνω στα βουνά
να χτυπήσω τα σήμαντρα
μάνα μου μάνα
στα χέρια μου σήμερα
καίνε τα καρφιά
Ουρανέ μου
στείλε μου νερό
να ποτίσω την έρημο
να φυτρώσει
λουλούδι δροσερό
στο κορμί μου τ αέρινο
μάνα μου μάνα
τον ήλιο σου φέρε μου
πάνω στο σταυρό
La version occitane : Adieu paure carnavas
Adieu paure Carnaval (ou Adiéu paure Carneval ou Adieu paure Carnavas) est une chanson populaire connue dans toute l'Occitanie, d'après un air attribué à Pergolèse ou Antoine Albanèse, souvent associé au poème "Que ne suis-je la fougère". Ce chant clôture les célébrations du Carnaval avant le Carême et accompagne la crémation de Sa Majesté Carnaval.
Adiu paure, adiu paure,
Adiu paure Carnaval
Tu te'n vas e ieu demòri
Adiu paure Carnaval
Tu t'en vas e ieu demòri
Per manjar la sopa a l'alh
Per manjar la sopa a l'òli
Per manjar la sopa a l'alh
Adiu paure, adiu paure,
Adiu paure Carnaval
La joinessa fa la fèsta
Per saludar Carnaval
La Maria fa de còcas
Amb la farina de l'ostal
Lo buòu dança, l'ase canta
Lo moton ditz sa leiçon
La galina canta lo Credo
E lo cat ditz lo Pater
En catalan : la Dama de Mallorca
A Mallorca, hi ha una dama
que és hermosa com el Sol.
Té sa cabellera rossa
i llarga fins als talons.
Sa mare la pentinava
amb una pinteta d'or.
Ai Déu, ai, na Maria,
robadora de l’amor, ai, adéu.
Sa padrina els hi lligava
amb un floc de set colors.
Son germà se la mirava
amb los seus ulls robadors.
Si no fossis ma germana,
jo me casaria amb vós.
Ai Déu, ai, na Maria,
robadora des meu cor, ai, adéu.
Quan a dins l'església entrava,
deixava anar resplendors.
Ella pren aigua beneïda
i ses piques tornen flors.
Ses dames seuen en terra
i ella en cadireta d'or.
Valga'm Déu, ai, na Maria,
robadora des meu cor.
Un capellà deia missa
i va perdre sa lliçó.
Qui és aquesta guirlant dama
rosseta com un fil d'or?
Filla del rei de Mallorca
i neta del d'Aragó.
Valga'm Déu, ai, na Maria,
robadora des meu cor.
Quelle est votre version préférée ?
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane