Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
22 Janvier 2026
Aziliz Manrow rêvait depuis longtemps de créer Merc’hed Kelt, « L’Hymne des Femmes Celtes », un projet ambitieux réunissant plusieurs voix féminines bretonnes. Grâce au soutien du label One Hot Minute, l’idée a pu se concrétiser in extremis pour son nouvel album. Composée avec son père, Gwendal Le Goarnig, mise en breton par Denez, la chanson rend hommage aux femmes du monde celte, réputées pour l’égalité qu’elles partageaient avec les hommes — reines, druidesses ou cheffes de guerre. Plus qu’un écho aux mouvements contemporains comme #MeToo, Aziliz y voit une manière de rappeler cette histoire inspirante et de la relier au présent en rassemblant six artistes de la scène bretonne actuelle : Laurène Bourvon, Clarisse Lavanant, Elise Desbordes, Madelyn Ann, Sterenn Diridollou et Morwenn Le Normand.
Baoe tarzh ar bed
Boadicée, Gallicènes
Rouanezed a vrezel 'oamp
Hon nerzh engravet er maen
Leun a arwarzh
Ar froud o 'luc'hañ ' n hon daoulagad
War-raok ez an dalc'hmat !
Dieub ma c'horf
Digabestr ma soñj
Santez Anna on, Naia ha Dahud
Plac'h a Geltia en avel-yud
Frank evel gwaz
Dizalc'h evel marc'h
Marion ar Faouët pe c'hoazh Chiomara
En avel-yud, plac'h a Geltia !
Plac'h a-vremañ, gwriziet
Heritourez wir an holl brezelioù
Ene an amzer ne'
Ur flamm divougus a zougan-me
Hini ar garantez !
Diskonterez c'houiziek
Divinourez amjestr
Forbanez, mamm ha drouizez
Splannder neñvoù ar C'hornôg
Glann 'vel diaman'
Me a ya kadarn war an hentoù ardan'
War-raok 'z an dizehan !
War-raok 'z an dizaon !
Written by: Aziliz Manrow, Denez Prigent, Gwendal Le Goarnig
Depuis l’aube du temps
Boadicée, Gallicènes
Nous étions reines de guerre
La force gravée dans la pierre
Charismatique
La passion dans les yeux
J’avance droit devant !
REFRAIN
Libre est mon corps
Libre est ma pensée
Je suis Sainte-Anne, Dahut et Naïa
Femme celte dans le vent qui hurle
Libre comme un homme
Libre comme un cheval
Je suis Marion du Faouët (ou) Chiomara
Femme celte dans le vent !
COUPLET 2
Femme des temps modernes, enracinée
Héritière digne de toutes les guerres
Âme des temps nouveaux
Je porte la flamme inextinguible
De l’amour !
Guérisseuse savante
Indomptable magicienne (ou devineresse/oracle)
Brigande, mère et druidesse (ou prêtresse)
Splendeur des cieux de l’ouest
Pure comme diamant
L’audace me guide sur les chemins/sillons ardents
J’avance sans peur / intrépide
Figure historique aussi fascinante qu’insaisissable, Boadicée n’est connue que par deux auteurs romains, mais son soulèvement fulgurant contre l’Empire en 60 apr. J.-C. a marqué l’imaginaire européen. Reine des Iceni, veuve humiliée et mère bafouée, elle rallie les tribus bretonnes après que Rome a confisqué l’héritage de son peuple et maltraité sa famille. À la tête d’une armée immense – où se trouvaient peut-être des guerrières –, elle incendie Camulodunum, Londinium et Verulamium, avant d’être vaincue par les légions disciplinées de Suetonius Paulinus. Son apparence flamboyante, décrite par Dion Cassius – cheveux roux jusqu’aux genoux, torque d’or, lance brandie – choque les Romains mais devient, des siècles plus tard, le symbole d’une liberté farouche. Qu’elle se soit donnée la mort ou qu’elle soit tombée malade, son destin reste enveloppé de légende, mais son héritage est clair : Boadicée demeure l’une des grandes figures féminines de résistance celte, reprise et réinventée au fil des époques comme une icône de courage, de révolte et d’indépendance.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane