Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
5 Février 2026
Dans la continuité de ce que nous avons partagé autour d’Emezi, il y a une chanson qui ralentit le temps et oblige à regarder autrement. Diskar – Effondrement se déploie comme une méditation inquiète, une poésie traversée par la fragilité du monde et la nôtre. Les mots glissent entre inquiétude et espoir, rappelant la beauté simple du vivant, la lumière, le feu intérieur qu’il ne faudrait pas laisser s’éteindre.
Une chanson qui ne crie pas seulement l’effondrement, mais murmure aussi ce qui pourrait encore être sauvé.
DISKAR
Peur e sioulo ar mor?
Peur e teuzo an heol?
War an dud hag al loened fur,
Ne ouezan ket, ne fiñvin ket
Met ne vin ket eus ar re a ziskar ar bed
A ziskar ar bed
Penaos bevañ, penaos bezañ, penaos kanañ ?
Chom da rouzañ pe stourm
En em gannañ
Tapit ho skramm, an dramm nevez flamm
Ha marvit 'giz chas war ho enezenn c'hlas
Rak e tarzho
An douar a darzho
Adkavout blaz an tan
Setu ar pezh a vank
Bezañ laouen, bale diarc'hen
Kaout soñj eus an endro drant
Dalc'h soñj eus ar gouloù glan ha tanav
glan ha tanav, glan ha tanav
hag e vo tan en-dro
Met pa po lonket tout an aer
Po ken 'met lazhañ da yêr
Ha pediñ 'vit cheñch da arc'hant
En ur c'hlogorenn alan
Da empenn o steuziñ
Da groc'hen o virviñ
Peta 'ri ? Ne c'hoarzhi ket mui
Rak e tarzho
An douar a darzho
Oh ya
'Peus ket mezh
Da louzañ an dour
Gant ar vezh, e tislonkes da arc'hant war tiegezh ar gwenan
Dislonkañ aour war ur wenanenn baour
'Po ket mel ken, 'po ket aer ken,
Gant ar vezh, paour kaezh den...
EFFONDREMENT
Quand la mer se calmera-t-elle ?
Quand le soleil fondra-t-il ?
Sur les gens et les animaux sages
Je ne sais pas, je ne bougerai pas,
Mais je ne serai pas de ceux qui détruisent le monde.
Comment vivre, comment être, comment chanter ?
Rêvasser ou se bouger
Se battre
cramponnez-vous à vos écrans, cette nouvelle drogue
Et crevez comme des chiens sur votre île bleue
Car elle explosera
La terre explosera
Retrouver le goût du feu
Voilà ce qu’il nous manque
Etre heureux, marcher pieds nus
Se rappeler de la gaieté de ce qui nous entoure
Rappelle-toi la lumière pure et délicate
Pure et délicate,
Et le feu reviendra
Mais quand tu seras à bout de souffle
Tu n’auras plus qu’à tuer tes poules
Et prier pour que ton argent se transforme en bulle d’air
Ton cerveau se désagrège
Ta peau en ébullition
Que feras-tu ? tu ne rigoleras plus.
Car elle explosera
La terre explosera
Oh oui, tu n’as pas honte
De polluer l’eau
Quelle honte, tu vomis ton argent sur l’habitat des abeilles
Vomir de l’or sur une pauvre abeille
Tu n’auras plus de miel
Tu n’auras plus d’air
Quelle honte, pauvre homme
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane