Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
9 Mars 2026
Dans ce poème, Kalouaz interroge le désir de départ et ce qui, d’un lieu à l’autre, change réellement : les couleurs du monde, ou le regard que l’on ose enfin poser sur sa propre vie.
Les couleurs
Les couleurs sont elles les mêmes à Pont-Aven
ou aux Marquises dans la baie d'Atuona ?
Le ciel plus bleu peut-être
lorsqu'il s'éternise comme s'étirent les soirs
au-dessus des toits gris.
Gauguin dans d'autres rêves
était allé se perdre,
percer les secrets d'autres vents
dansant sur les lagons.
Un jour, le monde vous pousse,
vous prend par la main,
jusqu'au prochain train, le bateau suivant,
parce qu'ailleurs la vie serait plus douce.
Au bout des doigts,
un maigre trésor, un pinceau,
trois couleurs, Une parole d'or,
Des mots au goût de l'eau rare des déserts.
Et comme lui
partir, pour éviter de cacher sa vie
au fond d'un tiroir.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane