Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Quand la flamme devient prière

Dans ce poème intense et recueilli d’Anjela Duval, la solitude du soir devient un lieu de dialogue intime avec le feu, la lumière et le mystère de nos pensées, où chaque crépitement murmure une prière, un chant ou une quête d’ouverture vers l’infini.

Quand la flamme devient prière
Preder

Va-unan ! — ‘vel bemnoz — sioul an ti.
Va-unan gant pouez va soñjoù
Va soñjoù o klask ur c’han da c’horreiñ
Ha da vleuniañ.
Preder…
Selaou ‘ran. Klevout ‘ran :
Mouezh an tan : va c’henseurt bemnoz.
Ha n’on ket deuet a-benn c’hoazh
Da intent e yezh :
Bemnoz disheñvel.
Gwech e seblant ur bedenn : pedenn an oaled
aoter sakr an ti.
Gwech e kav din eo kan.
Gwech eo klemmvan. Pe kroz. Pe hirvoud…
E vogidell c’hlas o sevel ‘vel un ezañs
Dre gan du ar siminal,
Da ‘n em goll en noz du-dall.
Tarzhadennoù rusk ar c’histin pe an Elo o
strewiñ fulennoù ruz steredheñvel.
Flammennoù glas an haleg sec’h o sevel
uhel ha laouen.
Flammoù melen-aour ar Fo ‘vel bannoù heol
o koroll, o koroll ‘n ur ganañ.
Arouezioù hor menozioù bemdez o kemmañ.
Padal. Kalon an derv aet da c’hlaou ruz
a chom bev betek ar beure, sebeliet el ludu…
— Ha pad’ a ray Feiz ar Gelted en o Flanedenn
betek ar beure ?
Preder…

25 a viz Here 1964

Méditation

Toute seule ! — comme tous les soirs — la maison paisible.
Toute seule avec le poids de mes pensées
Mes pensées qui cherchent un chant par où s’élever
Et s’ouvrir.
Méditation…
J’écoute. J’entends :
La voix du feu : mon complice de tous les soirs.
Et je n’ai pas encore réussi
À comprendre sa langue :
Elle change tous les soirs.
Parfois c’est comme une prière : prière du foyer
autel sacré de la maison.
Parfois il me semble que c’est un chant.
Parfois un gémissement. Ou un murmure. Une plainte…
Sa fumée épaisse et bleue s’élève comme un encens
Par le conduit noir de la cheminée,
Pour se perdre dans la nuit noire.
Détonations sèches du châtaignier ou du peuplier qui
Lâchent des étincelles rouges qui sont comme des étoiles.
Les flammes bleues du saule sec jaillissent
hautes et joyeuses.
Les flammes mordorées du Hêtre comme rayons de soleil
Qui dansent, dansent en chantant.
Symboles de nos idées qui changent chaque jour.

Pourtant. Le cœur du chêne réduit en braises rouges
Reste en vie jusqu’au jour, enseveli dans la cendre…

— La foi des Celtes en leur Destin durera-t-elle
jusqu’au matin ?
Méditation…

25 octobre 1964

(Traduction Paol Keineg)

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
une-vie-de-setter

Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane

Commenter cet article