Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
30 Mai 2026
Ce matin André Markowicz nous propose un poème de Marina Tsvétaïeva - Les arbres.
Aujourd’hui, juste ça. – Le souffle du vent dans les bouleaux (les bouleaux, en russe, sont féminins, – ils sont comme le symbole de la jeune fille). C’est le troisième poème des « Arbres », un cycle de l’exil et de la judéïté, le cycle, aussi, du gris, et de la vieillesse précoce, le cycle des cheveux gris. Et le cycle du vent, et celui de la danse : comment dire la danse – pas la danse classique ! –, le geste (harmonieux ou pas, – toujours harmonieux) pensé, l’élan du geste, – et le danger...
Trois strophes. Bouillonnantes, frissonnantes, de vie.
Купальщицами, в легкий круг
Сбитыми, стаей
Нимф-охранительниц — и вдруг
Гривы взметая
В закинутости лбов и рук,
— Свиток развитый! —
В пляске кончающейся вдруг
Взмахом защиты —
Длинную руку на бедро...
Вытянув выю...
Березовое серебро,
Ручьи живые!
Marina Tsvétaïéva,
« Les Arbres, 3 »
Baigneuses, leur cercle léger
De nymphes-défenderesses
Et, brusquement, désagrégées, –
Crinières flottantes qui laissent
Les fronts, les bras fins à la –
Le rouleau se déroule ! – danse
Lancée qui se fige là
D'un élan de défense –
Le cou effilé, les bras, – halo
D'une grâce rétive...
Argentement des bouleaux,
Ruisseaux qui vivent !
9 septembre (1922).
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane