Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Marina Tsvétaïeva - l'extrême exil

Marina Tsvétaïeva - l'extrême exil

Ce matin, un poème de Marina Tsvétaïeva, "l'extrême exil" écrit  le 2 janvier 1925 (il y a 101 ans, donc) proposé par André Markowicz, qui en rangeant des papiers, fouille dans des dizaines d'années de travail, achevé ou juste ébauché et abandonné, retrouve ce poème, traduit à la fin des années 80, qu'il avait égaré. :

" je lis ce « débat de l’âme et du corps » (pensez à Villon) pas seulement comme un débat de l’âme du corps. Je le lis comme un hymne à ce démon, vif, qui est en nous, – cette liberté qu’emprisonnent, sous un masque de fer, les forces de la mort"

 

sources : page Facebook de André Markowicz

 

Le texte russe : 


Жив, а не умер
Демон во мне!
В теле как в трюме,
В себе как в тюрьме.
Мир — это стены.
Выход — топор.
(«Мир — это сцена»,
Лепечет актер).
И не слукавил,
Шут колченогий.
В теле — как в славе.
В теле — как в тоге.
Многие лета!
Жив — дорожи!
(Только поэты
В кости — как во лжи!)
Нет, не гулять нам,
Певчая братья,
В теле как в ватном
Отчем халате.
Лучшего стоим.
Чахнем в тепле.
В теле — как в стойле.
В себе — как в котле.
Бренных не копим
Великолепий.
В теле — как в топи,
В теле — как в склепе,
В теле — как в крайней
Ссылке. — Зачах!
В теле — как в тайне,
В висках — как в тисках
Маски железной.

Vif, pas esclave,
En moi – le démon ;
Corps – une cave ;
Moi – ma prison.
Murs qui m’enceignent ;
Mort – la sortie.
« Le monde ? – une scène »
L’acteur le redit.
Blague un peu noire
D’un esprit retors –
Corps dans la gloire,
Toge du corps.
Gis dans la fête,
Vis comme un gosse
(Seuls les poètes
Meurent – dans l’os !),
Pas pour nous,  chantres, 
Corps rassurant –
Robe de chambre
De nos parents.
Si on s’installe,
Nous – nous mourrons.
Corps, – dans des stalles,
Nous – un chaudron !
Eux, rage fourbe
Des oripeaux –
Corps, notre tourbe – 
Mort, notre peau.
Corps, – dans l’extrême
Exil – suffoqué !
Mystère où se prennent
Nos tempes bloquées
Par un masque de fer

5 janvier 1925
*
 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
une-vie-de-setter

Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane

Commenter cet article