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Να γιατί γυρνώ μες στην Αθήνα - Pourquoi j’erre dans les rues d’Athènes 

Street art à Exarchia

Street art à Exarchia

Voici l’une des œuvres de street-art à Athènes qui figure parmi les plus connues. On trouve beaucoup d’humanité dans la représentation de cet homme allongé dans la rue et endormi. Ce graffiti d’une dizaine de mètres de longueur a été réalisé par l’artiste grec Wild Drawing (qui signe ses œuvres WD), afin de mettre en lumière la précarité dans laquelle vivent certains hommes. Et, en bas à gauche, l’artiste dédie cette fresque murale à “tous les pauvres et sans-abris d’ici et d’ailleurs”.

Où ? Dans le quartier d’Exarchia, à l’angle des rues Emmanouil Benaki et Arachovis

Source : https://vivreathenes.com

Aujourd'hui une spéciale dédicace à mon amie C. qui me soutient fidèlement dans mon apprentissage de la langue grecque !

Le Rebetico, la musique des bas fonds dans la Grèce des années 20

Pour comprendre d’où vient cette musique populaire, il faut revenir à l’étymologie du mot "rebetico ". Le terme vient de l’adjectif « rebetis » qui désigne un mec dur, droit, qui n’obéit qu’à son propre code l’honneur. C’est à la fois la musique des bandits au grand cœur et des anarchistes, à la fois d’inspiration mafieuse et politique.

Le Rebetico, c’est la musique des bas-fonds née dans les années 1910 en Grèce. Les chansons font l'apologie du mode de vie « rébet», un mélange de bonté de cœur et de malice, avec au centre la figure du marginal et du fumeur de haschich.

Pour comprendre la naissance de ce genre hybride, il faut savoir qu’il est lié la rencontre de deux populations : l’arrivée des pauvres paysans venus chercher une vie meilleure à la ville et celle des Grecs chassés de Turquie à la fin de la guerre greco-turque en 1922. Les Grecs de Turquie reviennent au pays après un exil de plusieurs générations. Ils reviennent en ayant intégré tous les codes de la musique orientale, avec dans leurs bagages des instruments jusque là inconnus en Grèce.

Les instruments du rebétiko sont le bouzouki, le baglama et la guitare. On utilise aussi le violon, le santouri, le kanonaki, l'outi et l’accordéon. On utilise aussi les zilia sorte de castagnettes et le toumbeleki. Sur les anciens enregistrements on entend parfois le son du verre, produit par le contact du komboloï et d’un verre.

L'orientalité des uns et la pauvreté des autres : le rebetico est née de cette rencontre historique. 

Avec l’arrivée au pouvoir en 1936 du dictateur Ioánnis Metaxás, le rébético tombe sous le coup de la censure. Parce qu’elle évoque la drogue et magnifie la vie de débauche des marginaux, le rebetico déplaît aux artisans de la dictature. Les musiciens tombent sous le coup d’une répression féroce. Certaines chansons rébétika sont interdites de diffusion à la radio, les musiciens « rébets » sont victimes de persécution et les « tékkés », cafés où l'on pouvait jouer et fumer le narguilé sont victimes de razzias.

Le rebetico est alors considérée comme une musique indécente qui offense la religion et les bonnes mœurs.

Mais dans les années 50, le rebetico devient à la mode et il est même récupéré par la classe politique qui en fait un genre national et identitaire.

De musique mineure, le rébétiko devient une musique populaire voir même commerciale lorsque le célèbre musicien Tsitsanis sort son bouzouki non plus dans les tékkés du Pirée, mais dans les tavernes cossues d'Athènes. Doucement, le rébétiko se fait « laïko », à mesure qu'il se fait domestiquer, qu'il abandonne les apologies du haschisch et de l'alcool, de la plus-que-peine et de la vanité pour le thème prépondérant de l'amour et de la douleur de la séparation.

Source : France Musique

 

J'ai donc choisi aujourd'hui une chanson d'un des chanteurs de rebetiko les plus connus, Vassilis Tsitsanis. Lire ici sa biographie sur l'excellent blog de Madame Dornac

Να γιατί γυρνώ μες στην Αθήνα
να γιατί πάντα τα κοπανώ
γιατί έχω εγώ μεράκι
έχω μέσα μου σαράκι
για μια όμορφη κοπέλα π’ αγαπώ, βρε αμάν, αμάν
γι αυτήν εγώ θα τρελαθώ

Να γιατί περνώ απ’ τη γειτονιά σου
να γιατί σε φέρνω απ’ το κοντό
γιατί μ’ έκανες μικράκι
κι έχω το διπλό φαρμάκι
για μια νύχτα που σε γνώρισα κι εγώ, βρε αμάν, αμάν
ζαλίστηκα πια δε βαστώ

Να γιατί γυρίζω με τ’ αμάξι
να γιατί σιγά σιγά περνώ
για ένα σου γλυκό φιλάκι
για να φύγει το φαρμάκι
γιατί εσένα κοπελιά μου αγαπώ, βρε αμάν, αμάν
στο ξαναλέγω σ’ αγαπώ

Στίχοι:  Βασίλης Τσιτσάνης
Μουσική:  Βασίλης Τσιτσάνης

Pourquoi j’erre dans les rues d’Athènes 

Sais-tu pourquoi j’erre dans Athènes ?
Pourquoi je suis toujours fin saoul ?
Parce que mon cœur a du chagrin
Et il est rongé de désir
Pour une belle fille que j’aime.
 
Sais-tu pourquoi j’erre dans la rue 
Pourquoi je te guette partout ?
Parce que tu m’as ensorcelé
Et versé un double poison.
La tête me tourne quand je pense
A la nuit où je t’ai connue.
 
Voilà pourquoi je vais, je viens
Pourquoi je passe comme une ombre :
C’est pour éviter le poison
Que tu as versé dans mes veines
Car tu es, je te le redis,
Tu es bien la seule que j’aime.

Vassilis Tsistsanis
 
Traduction : Jacques Lacarrière
[« La Grèce de l’ ombre », Le miel des anges, 1999.]

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