Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

A l'hirondelle - André Chénier

Mythes et poésie....

Peter Paul Rubens - Tereus Confronted with the Head of his Son Itylus

Peter Paul Rubens - Tereus Confronted with the Head of his Son Itylus

A l’hirondelle

Fille de Pandion, ô jeune Athénienne,
La cigale est ta proie, hirondelle inhumaine,
Et nourrit tes petits qui, débiles encor,
Nus, tremblants, dans les airs n’osent prendre l’essor.
Tu voles ; comme toi la cigale a des ailes.
Tu chantes ; elle chante. A vos chansons fidèles
Le moissonneur s’égaye, et l’automne orageux
En des climats lointains vous chasse toutes deux.
Oses-tu donc porter, dans ta cruelle joie,
A ton nid sans pitié cette innocente proie ?
Et faut-il voir périr un chanteur sans appui
Sous la morsure, hélas ! d’un chanteur comme lui !

André Chénier, Poésies Antiques

Pour les curieuses et les curieux.... voici le mythe de Philomèle et Procné évoqué dans la peinture de Rubens illustrant ce post...car tout nous ramène à nos chers grecs.....

Philomèle et Procné étaient les deux filles de Pandion (roi d'Athènes) et de Zeuxippe. Leur histoire est racontée notamment dans les Métamorphoses d'Ovide : Procné était mariée à Térée, roi de Thrace. Appelé au secours par le roi d'Athènes, Pandion, en guerre contre Labdacos au sujet des frontières du territoire, Térée mit fin au conflit en emportant la victoire.

Pandion lui accorda alors la main de sa fille Procné. Après cinq années d'union et la naissance d'un fils, Itys, elle éprouva le désir de voir sa jeune sœur Philomèle, et s'en ouvrit à son mari. Celui-ci se rendit alors à Athènes pour demander au roi Pandion de permettre le séjour de Philomèle chez eux. Mais découvrant la beauté de sa belle-sœur, il désira aussitôt la posséder. Pandion accepta finalement de lui confier sa fille, en lui faisant promettre d'en prendre soin ; mais à peine eurent-ils débarqué sur la côte Thrace que Térée l'entraîna dans une bergerie où il lui fit violence, et lui coupa ensuite la langue pour l'empêcher de parler. Philomèle fut laissée sous bonne garde dans la bergerie, et de retour devant sa femme, Térée lui fit croire qu'elle était morte durant le voyage.

Mais Philomèle eut l'idée d'avertir sa sœur en tissant une toile qui révélait son calvaire. La toile fut portée à Procné par l'intermédiaire d'une servante, et ainsi avertie, Procné n'a plus qu'une idée, c'est de venger sa sœur. Profitant de la célébration des mystères de Dionysos, elle alla la délivrer de sa prison, et l'introduisit dans le palais. Procné tua alors Itys, son jeune fils, et les deux femmes le découpèrent et cuirent ses membres. Puis elles le firent servir à Térée, lors d'un repas qu'il prit seul. Lorsque celui-ci réclama son fils, Procné répondit simplement « Ton fils était avec toi », et Philomèle surgit, qui jeta la tête d'Itys sur la table. À cette vue, Térée, transporté de rage, voulut poursuivre les deux sœurs. Mais elles se sauvèrent et se métamorphosèrent, Procné en rossignol, Philomèle en hirondelle ou le contraire suivant les auteurs. Térée lui-même, changé en huppe, ne put les atteindre. Quant à Itys, les dieux, ayant eu pitié de son sort, le métamorphosèrent en chardonneret. 

Et pour celles et ceux qui souhaitent approfondir leur étude du mythe : un article passionnant : Philomèle : Du mythe aitiologique au début du mythe littéraire
Michèle Biraud and Evrard Delbey

 
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
une-vie-de-setter

Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions.....
Voir le profil de une-vie-de-setter sur le portail Overblog

Commenter cet article