Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
26 Juillet 2025
Rafael Cadenas naît un jour d’avril 1930 à Barquisimeto, une ville autrefois appelée Nueva Segovia. Près d’elle s’achèvent – ou commencent – les Andes, selon le point de vue. Ses recueils de poésie – Une île, Les carnets de l’exil, Fausses manœuvres, Mémorial, Intempérie, Démarches et Amant –, ainsi que ses ouvrages en prose – Réalité et Littérature, Autour du langage, Annotations, Dits, Notes sur Saint Jean de la Croix – sont rassemblés dans Œuvre complète, publiée par le Fondo de Cultura Económica (Mexique), puis par les éditions Pre-Textos (Espagne). Quelques années auparavant, Visor (Espagne) lui avait consacré une anthologie. Ses poèmes ont été traduits en français, italien et anglais, et, grâce à des invitations, il a donné des lectures aux États-Unis, en Espagne, au Portugal, en Italie, en France, en Angleterre, en Autriche, en Allemagne, au Mexique, en République dominicaine, au Costa Rica, en Colombie et en Argentine. Il a rassemblé ses propres traductions dans L’atelier d’à côté (bid&co, Caracas). Il est professeur émérite de l’École des Lettres de l’Université centrale du Venezuela, où il a enseigné principalement la poésie espagnole et nord-américaine.
Il a reçu le Prix national de l’Essai (1984), le Prix national de Littérature (1985), le Prix San Juan de la Cruz et le Prix international de Poésie J. A. Pérez Bonalde (1992), ainsi qu’une bourse de la Fondation Guggenheim (1986). Récemment, le Prix FIL de Littérature en Langues Romanes – anciennement appelé Prix Juan Rulfo – lui a été décerné au Mexique.
En poésie comme dans sa vie, il accorde une importance essentielle à la véracité. Cela signifie une correspondance entre les mots et ce que l’on ressent, ce qui exige une vigilance constante. Cette idée est exprimée dans son poème Ars poetica, tiré de son recueil Mémorial (1977). Le mystère impénétrable de la réalité ne cesse de l’étonner. Il s’intéresse beaucoup à la philosophie, à l’étude de la psyché et, pendant de nombreuses années, à des courants de pensée comme le Zen, le taoïsme, l’hindouisme et certains mystiques occidentaux. En politique, il s’inquiète des nationalismes, des dictatures de tout bord et des idéologies ; en somme, il rejette la destructivité humaine, derrière laquelle se cachent les démesures de l’ego. Bien que cela découle de ce qui précède, il défend la démocratie, la pluralité et le vivre-ensemble, des facteurs indispensables à la civilisation.
Si el poema no nace
Si el poema no nace, pero es real tu vida,
eres su encarnación.
Habitas
en su sombra inconquistable.
Te acompaña
diamante incumplido.
***
Eres vida
Eres vida
sin más.
Resonar contigo
es mi deseo,
pero si no me oigo,
acepto, acepto, no exijo.
He perdido sólo mi parte;
tú no me la entregas
y yo sobrellevo
la escasez.
Vivo hasta donde alcanzo.
***
Musa
Concédele al poeta,
si la humildad no lo ha abandonado,
las palabras justas
para su tarea: no decir lo que se espera
sino
ser vocero
de la más oculta necesidad.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane