Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
22 Octobre 2025
Anjela Duval est cette femme qui, pendant le jour, cultive la terre de sa petite ferme, Traoñ-an-Dour, et qui, le soir, sort ses cahiers et écrit des poèmes, devenus parmi les plus aimés de la langue bretonne. Le breton est sa langue de tous les jours, et elle a appris la langue littéraire qu’elle enrichit de ses mots, de sa sensibilité. Ses poèmes révèlent son amour lucide de la nature, sa rage contre le déclin organisé du breton, ses angoisses, son humour…
Brezhoneg ?
« Brezhonegañ d’am babigoù ?
Ya da ‘michañs ! Che ! N’on ket nay !
— Bo !… It dezho ‘ta e galleg saout
Din ne vern. Deoc’h eo da varn.
Gortozomp…
N’eo ket bet hir ar gortoz
Skuizhet prim ar vugale
O vout goapaet gant o c’heneiled
A-zivout o galleg-podoù
E rebechont bremañ
Gant fulor d’o mammoù
Bout nac’het outo
Yezh o bro. »
4 a viz Meurzh 1970
Parler breton aux petits ?
Ah bien oui ! Dites donc, je ne suis pas folle !
Bon !
Parlez-leur le français des vaches
Je m’en fiche. Vous ferez comme vous voudrez.
Attendons
Il n’a pas fallu attendre longtemps
Les enfants vite fatigués
De voir leurs amis se moquer
De leur français de cuisine
Hors d’eux reprochent
Aujourd’hui à leurs mères
De leur avoir refusé
La langue de leur pays.
4 mars 1970
(Traduction Paol Keineg)
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane