Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
24 Juin 2026
Aux Capucins, les photographies de Stéphane Lavoué ouvrent un passage entre le monde du large et celui des planches. On y croise des marins, des comédiens, des silhouettes au travail, unies par les mêmes gestes précis, les mêmes rituels transmis de génération en génération.
© Stéphane Lavoué Élèves-officiers se préparant pour la présentation aux drapeaux, École navale, Lanvéoc, novembre 2022
Avec Navire amiral, Stéphane Lavoué explore les étonnantes correspondances entre l'univers de la Marine nationale et celui de la Comédie-Française. Nourri par dix années de résidence au sein de la maison de Molière, le photographe révèle un héritage souvent ignoré : autrefois, lorsque les navires restaient à quai durant l'hiver pour éviter les dangers de la mer, de nombreux marins trouvaient à s'employer dans les théâtres. Leur maîtrise des cordages, des nœuds, des poulies et des manœuvres collectives en faisait des machinistes particulièrement recherchés. De cette présence sont nées de nombreuses pratiques, traditions et superstitions qui perdurent encore aujourd'hui dans les coulisses. Fasciné par ces passerelles entre deux mondes que tout semble opposer, Stéphane Lavoué a poursuivi son enquête à bord de trois fleurons de la flotte française — la FREMM Bretagne, le sous-marin nucléaire Le Téméraire et le porte-avions Charles-de-Gaulle. Ses photographies tissent alors un dialogue saisissant entre ponts et coulisses, marins et comédiens, au point de brouiller les repères et de nous faire hésiter : sommes-nous sur scène ou à bord d'un navire ?
Voici quelques fragments de cette traversée immobile qui m'a particulièrement touchée.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane