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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

En ty an archeteclin - Iwan Couée

Les noces de Cana - Véronèse

Les noces de Cana - Véronèse

Avant d’aborder le poème de Blas de Otero dans sa traduction bretonne par Iwan Couée, il importe de dire un mot du titre du recueil. « Ty an Archeteclin »,  qui contient un terme rare issu du poème médiéval Pemzek leuenez Maria, désignant le « maître du banquet ».

Lors de sa présentation à la médiathèque de Landerneau, dans le cadre du Mois du breton, l’auteur a rappelé le lien entre l'Archeteclin" et les noces de Cana : une figure discrète, témoin d’un miracle que presque personne ne perçoit.

À son image, le poète — et le traducteur — se tient au seuil, attentif aux métamorphoses secrètes du langage. « An Ty an Archeteclin » se présente comme un lieu énigmatique et intérieur, moins un espace réel qu’un refuge de passage, propice à la méditation et à la reconquête de soi. Le poète y chemine, étranger parmi ses propres paysages, affrontant ses blessures intimes et ses tourments les plus profonds, dans une quête incertaine, mais nécessaire. Quant à l’« Archeteclin », figure insaisissable, il demeure une présence ambiguë, entre guide et mystère. Dans cet espace, la poésie devient à la fois un face-à-face fragile avec soi-même et une célébration ardente de la langue, nourrie de dialogues avec des voix étrangères traduites et d’un enracinement profond dans la tradition poétique bretonne.

C’est dans cet espace que s’inscrit le poème de Blas de Otero, repris ici en breton avec une intensité intacte.

A bont da bont en Zamora 

(Barzhoneg gant blas de Otero, 

troet diwar ar c'hastilhaneg)

 

A bont da bont, en Zamora

digar ha digas, e pourmene va ene.

 

Ar pontoù houarn ne gare ket,

Ar pontoù maen a gave gwell

 

Sellet a rae gwezhavez ouzh an neñv,

sellet a rae gwezhavez ouzh an dour.

 

A bont da bont, en Zamora,

digar ha digas, e pourmene va ene.

Les noces de Cana - Bosch

Les noces de Cana - Bosch

Blas de Otero (1916-1979), figure majeure de la poésie espagnole d’après-guerre, incarne la triple évolution d’une œuvre marquée par l’angoisse existentielle, l’engagement social et politique sous le franquisme, et un ultime retour à l’intime. Successivement juriste, mineur ou professeur, membre du Parti communiste, cet infatigable voyageur traversa son siècle avec une voix qui, de la révolte à l’espérance, fit de la parole un acte.

Cancion cinco

 

Por los puentes de Zamora,

sola y lenta, iba ma alma.

 

No por el puente de hierro,

el de piedra es el que amaba.

 

A ratos miraba el cielo,

A ratos miraba el agua.

 

Por los puentes de Zamora,

sola y lenta, iba ma alba.

 

Blas de Otero

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