Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
17 Juin 2026
Dans un billet de mai 2024, je vous avais conté le lien entre une oeuvre de Rachmaninov et un tableau d'Arnold Boecklin intitulés tous les deux l'île des morts. C'est tout de suite ce tableau qui s'est imposé dans mon esprit à la lecture de "l'art de la fugue" de Claude Vigée.
C'est à nouveau A. Boecklin qui illustre ce billet avec un autoportrait à la Mort jouant du violon.
Quant à l'illustration musicale, on ne peut la confier qu'à J.S. Bach...
L'Art de la fugue
Mourir, c'est retrouver la terre désirée,
S'endormir dans les eaux de l'origine,
Téter le sein nourricier de la nuit.
Mourir, c'est embrasser le monde bien-aimé.
Qui n'aime pas devient
La lande abandonnée.
Qui ne s'est pas ouvert
Sera pierre fermée.
Qui méprisa rejoint
La cendre secouée.
Mourir, c'est perdre pied sur le bord de l'écueil,
Puis chavirer dans la mer étrangère :
S'enliser dans le marais du silence.
Mourir, c'est passer dans le monde mal-aimé.
Chaque homme se destine
A la mort qui lui plaît.
Mourir, c'est s'accomplir,
Mourir, c'est s'engloutir.
La mort est ta patrie,
La mort est ton exil.
Mourir, c'est devenir le monde où tu vivais.
Extrait de La Corne du Grand Pardon, p.30, Ed. Pierre Sheghers 195
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