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Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

Sur les ondes : La fin de l'homme rouge adapté au Théâtre.

Je vous en avais parlé dans une brève de lecture. Je vous en reparle aujourd'hui grâce à l'adaptation théâtrale que France Culture nous permet de découvrir.

France Culture fait revivre les fantômes de l’utopie déchue en diffusant l’adaptation théâtrale de la fin de l'homme rouge. 

Fasciné par le poids de ces voix humaines solitaires, le metteur en scène Emmanuel Meirieu convoque autant de comédiens qui viennent délivrer leurs confessions, face public, dans un décor recréant une salle de classe en ruines du village ukrainien de Prypiat

"La fin de l’homme rouge fait résonner les voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix suppliciées des Goulags, voix des survivants et des bourreaux, voix magnifiques de ceux qui ont cru qu’un jour « ceux qui ne sont rien deviendraient tout », et sont aujourd’hui orphelins d’utopie."

 

Sur les ondes : La fin de l'homme rouge adapté au Théâtre.

La bande annonce de la pièce, qui nous fait regretter de n'avoir que le son.....mais c'est déjà formidable !

"Pendant quarante ans, Svetlana Alexievitch a parcouru ce pays qu’on appelait l’URSS et enregistré des centaines de témoignages. « Ce qui m’intéresse, écrit-elle, c’est le petit homme, le grand petit homme car la souffrance le grandit. Dans mes livres, il raconte lui-même sa petite histoire, et en même temps, il raconte la grande histoire." D’une personne à l’autre, de voix en voix, elle a écrit six livres qui n’en font qu’un seul, un livre sur l’histoire d’une utopie : le socialisme.          
La fin de l’homme rouge fait résonner les voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix suppliciées des Goulags, voix des survivants et des bourreaux, voix magnifiques de ceux qui ont cru qu’un jour « ceux qui ne sont rien deviendraient tout », et sont aujourd’hui orphelins d’utopie. « J’ai cherché ceux qui ont totalement adhéré à l’idéal. Ils n’ont pas été capables de lui dire adieu, se perdre dans une existence privée, vivre, tout simplement.  J’ai été choquée et horrifiée par l’être humain, j’avais envie d’oublier ce que j’avais entendu. Et plus d’une fois aussi, j’ai eu envie de pleurer de joie devant la beauté de l’être humain. Ce qui m’attirait, c’était ce petit espace, l’être humain. Juste l’être humain. En réalité, c’est là que tout se passe. Je suis entourée de ces voix, ces centaines de voix, elles sont toujours avec moi. J’aime les voix humaines solitaires, c’est ce que j’aime le plus, c’est ma passion"

source : France Culture

"La Fin de l’homme rouge, c’est une histoire d’humanité. C’est la grande Histoire et ce sont les petites histoires des petites gens qui forment le grand tout. Ils sont sept. Il y a les femmes : Véra la mère d’Igor Poglazov, adolescent de 14 ans qui se suicide en 1992, Anna Maïa, la rescapée du goulag et de l’orphelinat, Valentina, l’amoureuse qui soigne son mari tchernobylien dont les radiations mangent le corps et déforment la face. Trois femmes soviétiques enrichies de quelques autres évoquées dans les récits (la mère d’Anna condamnée au goulag, la Commandante de l’orphelinat, la fiancée du fils d’Anna). Il y a des hommes forts et des hommes en faillite : Igor, le fantôme adolescent, son ami qui connaît la liberté aux odeurs de « saucisse grasse » de l’après 1991, le fils d’Anna, un pilote glorieux de l’armée rouge dont le statut est tombé avec le régime et qui vend des cuvettes de toilettes italiennes. Il y a les fonctionnaires et leur métier :  les bourreaux et les sévices qu’ils font subir, les mises à mort à la chaîne. Il y a les garçons élevés face à la mort et qui transpirent la mort toute leur vie, comme Alexandre. Et puis, Vassili Pétrovitch, le vieillard, le communiste de la première heure, qui s’éteint dans un monde où plus aucun idéal ne fait briller l’œil des Hommes.

La pièce est un moment de chute pour chaque spectateur, une petite chute interne pour creuser au-dedans. La Fin de l’homme rouge nous rappelle implicitement à nos fantômes, aux limites de notre système, à nos interrogations sur la suite et à l’évidente absence d’idéal actuel. Elle enfonce le clou sur la blessure de la consommation comme unique désir, de l’argent comme seul objectif : « les vanités boursouflées, les appétits individuels aiguisés.» 

Source : Vu du Balcon

En complément une interview de Svetlana Alexievitch sur le plateau de LGL.

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