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Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

La chapelle Saint Antoine à Ploudiry

Dernière étape de mes visites de lundi dernier, pendant la récréation de Ragtime : La chapelle Saint Antoine à Ploudiry.  

A mon retour, j'ai trouvé beaucoup d'information sur le site internet de Ploudiry (bravo !)

La chapelle Saint Antoine à Ploudiry
La chapelle Saint Antoine à Ploudiry
La chapelle Saint Antoine à Ploudiry
La chapelle Saint Antoine à Ploudiry
La chapelle Saint Antoine à Ploudiry
La chapelle Saint Antoine à Ploudiry
La chapelle Saint Antoine à Ploudiry
La chapelle Saint Antoine à Ploudiry

Du schiste et de l'ardoise de pays, un peu de granit de Kersanton pour souligner les ouvertures, un modeste clocher... Nichée dans un écrin de verdure, surplombant la campagne environnante, la chapelle Saint Antoine cache bien son jeu, en recelant de nombreux trésors sous des dehors on ne peut plus simples. " Regardez vos pieds". En cette fin d'été, ils sont une dizaine de visiteurs à découvrir la chapelle Saint Antoine sous la houlette de Marie-Françoise Cloitre. Et une fois le porche franchi, ce qui étonne d'abord, c'est le sol, ce pavage de schiste orné d'une croix posée sur son socle, tel un calvaire, et de figures symbolisant le passage de notre réalité terrestre vers le divin. "Autrefois, il n'y avait pas de chaises dans la chapelle, indique la guide passionnée du patrimoine communal. Le sol était donc dégagé. Et à une époque où la majorité des gens ne savaient ni lire ni écrire, ces figures parlaient à tout le monde".

Deux saints pour une chapelle Dépendant du manoir de Penarfers, la chapelle de Saint Antoine a été érigée à quelques kilomètres du bourg de Ploudiry, la plus grande paroisse du Léon avant la Révolution française. Si aucun document ne permet de la dater précisément, les blochets, ces pièces de bois aux quatre coins de la nef, autorisent à penser qu'elle a été construite au XVIe siècle. D'abord dédiée à Saint Antoine le grand ou l'ermite, moine égyptien des III et IVe s, la chapelle intègre le culte de Saint Antoine de Padoue, moine prédicateur franciscain du XIIIe siècle, un peu plus tard, comme en attestent les trois retables polychromes, datés de 1635. "Ils représentent la crucifixion, le couronnement de la Vierge, et Saint Antoine de Padoue, détaille Marie-Françoise Cloitre. Et il y a une certaine harmonie entre eux. Est-ce qu'ils sortent du même atelier ? Qui les a commandés ? Hormis cette date, 1635, on ne sait rien sur ces retables. C'est frustrant". Et d'attirer l'attention des visiteurs sur un détail, à côté de Saint François d'Assise. "Ils cachent quelques petits clins d'œil, comme cette église qui ressemble bien plus à celle de Ploudiry qu'à une église italienne...".

Sauvée dans les années 50 En 1774, les propriétaires du manoir n'y résidant plus, ils vendent la chapelle à la Fabrique, l'organe de gestion de la paroisse. Alors que les routes sont souvent mal entretenues, compliquant l'accès à l'église paroissiale une bonne partie de l'année, les gens du quartier en font un lieu de culte régulier. Mais au fil du temps, l'édifice se dégrade et, en 1841, une partie de la façade du transept s'écroule. Réparée, la chapelle sert un temps lieu de stockage de pommes de terre pour la ferme voisine. Et elle devra son salut au curé Egaret qui, en 1957, décide de redonner tout son lustre au pardon avant de refaire les lambris de la voûte, un an plus tard. Les vitraux sont à leur tour restaurés dans les années 80, date à laquelle une poignée de bénévoles s'attaque au pavage de schiste de la chapelle. Malmené par les racines d'un arbre trop proche, il est fidèlement reconstitué, avant que la fontaine, en contrebas, ne soit à son tour remontée.

Restaurée de fond en comble En 1996, une nouvelle étape est franchie, quand Ploudiry participe au concours Un patrimoine pour demain, initié par la revue Pèlerin magazine, et se voit octroyer une bourse de 69 800 francs. Dans la foulée, le drainage et la consolidation des fondations assurent d'abord la pérennité de l'édifice. Puis c'est au tour du mobilier. Inscrits à l'inventaire supplémentaire des mobiliers classés en août 1997, retables, statues et maître-autel sont démontés puis restaurés avant d'être replacés. Un chantier qui s'étalera sur plus de 10 ans. Et il était temps ! Vieux de trois siècles, les retables s'effondraient peu à peu sur eux-mêmes, rongés par les insectes et l'humidité. La voûte étoilée a été peinte en juin et juillet 2016 par l'artiste Valentin Scarlatescu. Et la chapelle a été mise en lumière cette année. Entièrement restaurée grâce à la ténacité d'une poignée de passionnés réunis en association, elle révèle maintenant ses trésors lors du pardon annuel, le premier dimanche de septembre, ou lors des visites guidées, organisées tout au long de l'année. 

Chantal Pape

Sources : 

J'ai trouvé également le document suivant, qui m'a fait rêver de voir l'intérieur mis en valeur par le peintre Valentin Scarlatescu, dont j'ai découvert le travail en visitant Tréflevenez.

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